Le ramadan se fait une place en entreprise

Publié le par Sunnisme.com

.Le ramadan se fait une place en entreprise

 


Dans le cas des employés qui utilisent leur force physique ou travaillent en plein air, comme les ouvriers du BTP, des aménagements particuliers sont proposés. Les salariés peuvent par exemple décaler les horaires de travail vers le matin, de façon à éviter les fortes chaleurs, qui peuvent être très dangereuses si l'on ne boit pas suffisamment. (crédits photo: AFP)

Dans le cas des employés qui utilisent leur force physique ou travaillent en plein air, comme les ouvriers du BTP, des aménagements particuliers sont proposés. Les salariés peuvent par exemple décaler les horaires de travail vers le matin, de façon à éviter les fortes chaleurs, qui peuvent être très dangereuses si l'on ne boit pas suffisamment. (crédits photo: AFP)

 

 

70% des musulmans pratiquent le ramadan en France. Une pratique de mieux en mieux acceptée par les employeurs qui proposent des aménagements à leurs salariés, notamment dans les secteurs du BTP et de l'automobile.

Le ramadan est la pratique religieuse la plus populaire chez les musulmans français, souligne un sondage Ifop* paru en 2009. Selon cette même consultation, ils étaient 70% à pratiquer en 2007 le jeûne du lever au coucher du soleil, c'est-à-dire à s'interdire à la fois de manger et de boire. Une tâche d'autant plus difficile à relever cette année que la date du ramadan tombe en plein été, avec son cortège de journées longues et chaudes. L'observance de cette prescription du Coran peut donc logiquement conduire certains salariés à demander à leur employeur des aménagements de travail. Mais si les musulmans observent de plus en plus le ramadan (ils n'étaient 60% en France en 1989), les entreprises se montrent-elles pour autant plus compréhensives ?

«Il y a manifestement une normalisation du ramadan en entreprise», estime Dounia Bouzar, auteur de Allah a-t-il sa place dans l'entreprise ?, paru en 2009. «Les managers relient de moins en moins le ramadan à un culte étranger. Il est davantage vu comme un rite comme un autre pratiqué par leurs salariés», explique-t-elle. Les requêtes des fidèles qui jeûnent sont dès lors souvent traitées comme n'importe quelle demande d'absence ou de traitement dérogatoire. «Les entreprises se doivent, pour bien fonctionner, d'être à l'écoute des demandes individuelles, sans déstructurer le groupe de travail. Donner satisfaction à un salarié qui veut faire une sieste le midi ou venir travailler plus tôt pour observer plus confortablement le ramadan en fait partie, ni plus ni moins», estime de son côté Patrick Banon, spécialisé en sciences des religions.

Situations hétérogènes

En l'absence de règles strictes pour régir ces situations, c'est le cas par cas qui prévaut. D'où l'existence de situations très hétérogènes. «Les aménagements dépendent à la fois de la subjectivité du manager, et du rapport de force qui prévaut dans l'entreprise. Si les musulmans sont majoritaires, il est possible qu'ils imposent leur rythme. S'ils sont ultra minoritaires, il est moins évident qu'ils puissent bénéficier d'horaires particuliers», précise Dounia Bouzar.

Dans le cas des employés qui utilisent leur force physique ou travaillent en plein air, comme les ouvriers du BTP, ces aménagements particuliers sont d'autant plus cruciaux. Il peut être utile de décaler les horaires de travail vers le matin, de façon à éviter les fortes chaleurs, qui peuvent être très dangereuses si l'on ne boit pas suffisamment. «Traditionnellement, les secteurs du BTP et de l'automobile y sont attentifs», explique Patrick Banon. Dans le nucléaire également, où l'ambiance de travail peut parfois atteindre les 40°, les salariés qui observent le ramadan peuvent être mis «hors quart» à l'initiative de leurs collègues, c'est-à-dire affectés à des postes moins exposés.

Mais de toute façon, la religion musulmane n'exige en aucun cas qu'un individu jeûne au risque de se mettre un danger. «Si c'est le cas, interrompre le jeûne n'est pas un droit, mais une obligation, explique Dounia Bouzar. L'Arabie Saoudite l'a même rappelé récemment à ses agents de chantiers».

 

 

Via lefigaro