[Ramadan] Le Jeûne de la Langue

Publié le par Sunnisme.com

° Le Jeûne de la Langue  [1]

 



  Jeune_langue.jpg




 

Le Jeûne de la langue est vraiment important, il consiste à se tenir éloigné des discussions immorales, qui ne vous concernent pas ou qui vous sont nuisibles [2]. Il faut arrêter ce type de discussion et s'en tenir éloigné [3]. Le Jeûne consiste à s'abstenir de tout ce qui déplait à Allâh ta'ala, et pas seulement de la nourriture, de la boisson et des rapports. Imaginez un père qui dit à son enfant : "Ne bois pas de lait". Puis le père rentre du travail et voit son enfant boire de l'alcool, verre après verre, prendre de la drogue. Il luit dit alors : "Qu'es-tu en train de faire?" et son enfant lui répond : "Tu m'as dit de ne pas boire de lait, je ne bois pas de lait". Que pourra répondre le père? Il n'y a aucun avantage à ne pas boire du lait [4] alors qu'on ne délaisse pas l'alcool. De la même manière, quel bénéfice y a-t-il à s'abstenir de manger et de boire (des choses qui sont normalement hallal), alors que notre langue continue à consommer ce qui est haram (illicite).

Il a été rapporté dans le Musnad de Ahmad [radhia Allâhou 'anhou], que la médisance annule le jeûne (du moins sa récompense) : « Deux femmes jeûnaient au temps du Prophète [salallâhou 'alayhi wassalaam] et elles ont failli mourir de soif. Ceci fut rapporté au Prophète [salallâhou 'alayhi wassalaam], mais il refusa [de leur permettre de rompre le jeûne]. Puis on lui mentionna ces deux femmes de nouveau, et il les fit appeler et leur ordonna de vomir, c’est-à-dire de vider leur estomac. Elles ont vomi et ont rempli un bol de pus, de sang purulent et des morceaux de chair. Alors le Prophète [salallâhou 'alayhi wassalaam] dit : « Ces deux femmes se sont privées de ce qu’Allâh leur a autorisé, mais elles ont annulé leur jeûne en faisant ce qu’Allâh a rendu illicite pour elles. L’une d’entre elles s’est assise avec l’autre et elles se sont mises à manger de la chair des gens. »

Ce qui s’est passé avec ces deux femmes en présence du Prophète [salallâhou 'alayhi wassalaam] lorsqu’elles ont vomi ces choses affreuses et détestables, cela fait partie des miracles qui se sont produits dans la main du Prophète [salallâhou 'alayhi wassalaam] pour montrer aux gens les effets néfastes de la médisance. Et Allâh a dit : « et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? » [5]

Ce hadith montre donc que la médisance annule le jeûne, mais c’est une annulation au sens figuré, c’est-à-dire que cela annule la récompense du jeûne.

'Aicha (qu’Allah sois satisfait d’elle) rapporte : J'ai dit au messager d' Allâh [salallâhou 'alayhi wassalaam] : « Vois-tu comme Safiyya est faite [6], il m'a répondu : Tu viens de dire une parole qui, si elle était mélangée à l'eau de mer, l'aurait polluée. » [7] et [8]

Toutes ces mauvaises paroles nous suivent dans la tombe et sont susceptibles d'entrainer une punition, c'est la raison pour laquelle Rassoul Allâh [salallâhou 'alayhi wassalaam] mettait en garde ses Compagnons (hommes et femmes), contre les désastreuses conséquences des mauvaises paroles, dans l'au-delà.
 
L’Imâm Abû Hâmid Al-Ghazâli [Rahimahou Allâh] a déclaré que les scorpions et les serpents qui se trouvent dans les tombes et assaillent les gens ne sont rien d'autre que les péchés accumulés dans cette vie.

Par conséquent, il convient de protéger notre jeûne, sinon comment le jeûne pourra-t-il à son tour nous protéger?

Que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur notre Prophète Muhammad, sa famille et ses Compagnons.

 

 

Notes :

[1] Article basé en partie sur un discours de Sheykh A. Dabbagh [Hafidahou Allâh]
[2] Car elles contiennent des péchés comme la médisance, le mensonge, la calomnie, les grossièretés, etc.
[3] Ceci est bien évidemment valable en dehors du mois de Ramadan
[4] Pour par ex. éviter le gras, l'intolérance au lactose, etc.
[5] Qour'an - Sourate Al-Hujurat, verset 12
[6] En référence à sa te petite taille
[7] C'est-à-dire la médisance (ghiba)
[8] Sahih, Abou Dawud et at-Tirmidhi

Publié dans Les Convenances [Adab]